mercredi 19 octobre 2016

L'Altaï de 2005 en vidéo

Philippe Chapuis et Isabelle Thouvenin, voyageurs en Sibérie depuis l'année 2005, ont commencé leurs pérégrinations dans cette région avec l'ascension de son plus haut sommet, le Béloukha (4506 m.), situé en Altaï.
Dès le début de leurs aventures, ils ont pris l'habitude d'avoir toujours avec eux une caméra, et ils ont ainsi réalisé plusieurs films.
Voici ici les deux premiers, qui retracent leur première rencontre avec la Russie, la découverte de la Sibérie et l'ascension du Beloukha "à la russe", puis le repos bien mérité qu'ils ont trouvé sur les berges du lac Télétskoïé.

Bon visionnage, et bon voyage dans le temps, pour ceux qui se rappellent l'Altaï il y a 11 ans (déjà !).

Altaï Béloukha 2005
https://vimeo.com/110410168

L'Altaï russe
https://vimeo.com/111139832

Leur site, Regards sur l'ailleurs, richement illustré :
http://www.regards-sur-l-ailleurs.fr/


vendredi 14 octobre 2016

Aïlanayin Altayim

L'association AlpAltaï est fière de vous annoncer qu'elle a contribué à l'ouvrage pour enfants "Aïlanayin Altayim", en rétribuant l'artiste V. Popov pour ses aquarelles.

Ce livre de K. Tepukov, paru dans le cadre du programme "Culture de la Russie", s'adresse aux enfants et vise à leur présenter les différents aspects de la culture traditionnelle des Altaïens.


Exposition de photographies Viuz-en-Sallaz

Les photographies de Clément Jacquemoud sont exposées tout au long du mois d'octobre 2016 à la Bibliothèque Municipale de Viuz-en-Sallaz.

Conférence "Chemins de Sibérie", le 15 octobre 2016 à Mâcon

L'association AlpAltaï sera présente le 15 octobre à Mâcon lors de l'événement "Sur les Chemins de Sibérie".

Conférences - Films - Débats

Le 15 octobre 2016 de 18h à 22h à la Médiathèque de Mâcon (affiche et flyer en pièces jointes)

Organisés par Yann Borjon-Privé, jeune anthropologue membre du CEMS et spécialiste des Dolganes de la péninsule de Taïmyr, les "Chemins de Sibérie" offrent une opportunité d'échanges autour de ce vaste ensemble nord-asiatique (près de vingt-quatre fois la France). Pendant cette soirée en accès libre, la Sibérie sera présentée sous trois angles précis et, chaque fois, selon une thématique simple. Une discussion avec le public sera proposée après chaque intervention.


Invités de cette première édition :
Svetlana Karmandaeva (Rép. de l'Altaï, Sibérie)
Clément Jacquemoud (anthropologue)

Informations :
www.regards-sur-l-ailleurs.fr
dolidhi@gmail.com - isa.thouvenin@sfr.fr - pchapuis54@sfr.fr

l'affiche à télécharger

SHOP - proposé à la vente

L'ouvrage "Les Altaïens, peuple turc des montagnes de Sibérie" de Clément Jacquemoud est en vente auprès de l'association (20€).

Par ailleurs, l'association propose à la vente le disque de l'ensemble Altyn-Tuu qui a fait sa tournée en France en 2013 (10€), ainsi que des guimbardes (20€).

Les bénéfices réalisés par les disques sont au profit des artistes, ceux des autres produits sont mis à disposition de projets culturels dans l'Altaï.


Pour plus d'informations, contacter clement.jacquemoud(at)gmail.com


jeudi 5 novembre 2015

Parution de l'ouvrage de Clément Jacquemoud " Les Altaïens, Peuple turc des montagnes de Sibérie"



L’ouvrage comporte 200 pages, 187 illustrations couleur et 2 cartes géographiques.

Voici le texte figurant sur la 4e de couverture :
La République de l’Altaï est située dans une région montagneuse des confins de la Sibérie, à la frontière de la Chine, de la Mongolie et du Kazakhstan. Elle abrite le petit peuple turc des Altaïens, réputé dans l’ethnographie pour son chamanisme, et pour avoir développé au début du XXe siècle un mouvement millénariste de grande ampleur, le bourkhanisme. Dans le contexte post-soviétique actuel, les Altaïens renouvellent leurs pratiques religieuses, qui se sont diversifiées, allant du « néo-chamanisme » au « néo-bourkhanisme », en passant par le bouddhisme et le christianisme évangélique. De grandes cérémonies collectives, fondées sur le cycle saisonnier, ont refait surface, tandis que le chant de gorge, autrefois employé dans la récitation rituelle de poésies épiques, résonne maintenant bien au-delà des frontières du petit territoire, et véhicule paradoxalement l’image de traditions exemptes de toute influence extérieure.

Cet ouvrage, tout en faisant ressortir les enjeux sociaux, politiques et environnementaux auxquels les Altaïens doivent aujourd’hui faire face, apporte un nouvel éclairage sur cette situation religieuse à la fois complexe et composite, alimentée par de multiples tensions, et qui n’avait pas retenu jusqu’à présent toute l’attention qu’elle mérite.

Pour le commander :

samedi 12 juillet 2014

Le Kurultaj des Kaïtchy

Chaque année depuis 2003 se tient le Rassemblement International des chanteurs d’épopées (en altaïen : Kurultaï Kaïtchylar). Les kaïtchy récitent leurs poésies épiques en chant de gorge : le kaï. C’est un chant très guttural, proche du kargyraa mongol et touva, mais ce n’est pas tout à fait non plus un chant diphonique. Les musiciens s’accompagnent d’un instrument à deux cordes pincées, le luth topchour, et ponctuent leur chant d’imitations de bruits de la nature, du galop du cheval, du chant des oiseaux.
Les kaïtchy d’autrefois récitaient durant des nuits entières, parfois sur quelques jours, les aventures de héros légendaires ou mythiques contenues dans des épopées longues de plusieurs milliers de vers (nommées kaï-tcheurtcheuk). Elles étaient autrefois transmises oralement de génération en génération, et devaient être récitées strictement dans la forme héritée. Leur interdit de notation était lié à leur contexte de récitation, qui tenait du rituel religieux. Elles devaient être chantées à la saison froide, après l’apparition de la constellation des Pléïades dans le ciel nocturne. Bien que surtout présentes au sein des populations d’éleveurs nomades, les épopées altaïennes étaient inséparables du monde cynégétique, et leur récitation était supposée apporter chance à la chasse.
Certaines poésies épiques nous sont parvenues, notées dès le milieu du 19e siècle tout d’abord par les missionnaires orthodoxes, puis par les chercheurs soviétiques. Plus d’une centaine de ces textes est publiée dans la collection Altaï Baatyrlar (Chevaliers altaïens), qui s’enrichit régulièrement depuis les années 60 et compte aujourd’hui quinze tomes.
Parmi les textes les plus fameux, l’on peut citer celui de Maadaï-Kara (Maadaï-le-Noir, vraisemblablement du nom du personnage historique Modée), noté auprès du barde télenghite Alekseï Grigoriévitch Kalkin. Traduit de nombreuses fois, des extraits sont régulièrement chantés lors du Kurultaï des Kaïtchy.
Un autre texte méritant l’attention est celui d’Altaï-Buutchaï. Notées auprès de différents bardes altaïens, les versions gardent une trame commune tout en présentant des motifs singuliers. Ces derniers témoignent de l’influence des mouvements religieux (bouddhisme, christianisme, bourkhanisme) ayant pénétré l’Altaï au cours de l’histoire (à ce sujet, voir http://emscat.revues.org/2292).

Le Rassemblement
Tous les deux ans, le Kurultaï se tient dans le village d’Elo, en même temps que le Festival National des Jeux Populaires El-Oyin. Une année sur deux, le lieu du rassemblement change. L’édition 2011 s’est tenue à Paspaul, dans le cadre des 150 ans du kaïtchy Ulagachev, et en 2013 à Ulagan. En outre, des rassemblements locaux peuvent être organisés, faisant office d’étape de présélection. Voici le texte de présentation du Rassemblement de 2011 :
Le Rassemblement se veut « contribuer à la résolution des problèmes de conservation du genre traditionnel ancien de création populaire : le chant de gorge et l’art du conteur. Il présente la culture originale aux multiples visages des peuples d’Asie Centrale. L’événement permet de révéler de jeunes conteurs (bardes) talentueux, et l’échange d’expériences en chant de gorge entre pratiquants de toute la Russie, des pays de la CEI, et de l’étranger…
Le concours est divisé en 3 catégories : art du conte, aspects du chant de gorge, pratique de l’art du maître kaïtchy. Chaque catégorie comporte en outre deux sous-catégories qui dépendent de l’âge des participants : en deçà et au-delà de 21 ans.
Dans la discipline de l’art du conte, les contes d’Ulagachev doivent être présentés (obligation du programme), ainsi que des contes d’auteur (création personnelle). Dans la discipline « aspects de chant de gorge » doivent être présentés des numéros de concert faisant la démonstration de la variété des styles de chant diphonique. Dans la discipline « Pratique de l’art du maître kaïtchy » concourent les participants ayant déjà été lauréats du Rassemblement International des Kaïtchy, du Festival International et des concours de chant de gorge, ainsi que ceux ayant déjà été nominés « Êl-Kaïtchy » (Kaïtchy d’envergure nationale).
Les gagnants du concours du programme du Kurultaï des Kaïtchy se voient remettre des diplômes de niveau I, II et II ainsi que des prix. Le Comité d’Organisation du Kurultaï International des Kaïtchy a institué également un Grand-Prix, et se réserve le droit de nominer des prix spéciaux ».
http://elaltay.ru/index.php?option=com_youtubegallery&view=gallery&Itemid=189&videoid=xZAX78hZen0



mardi 24 juin 2014

Musiques en Altaï - Music from the Altay

Bonjour à tou-te-s,

Désirant vous faire partager mes émotions musicales en Altaï, mais rencontrant des difficultés techniques pour les mettre sur le blog, je vous fournis le lien du site sur lequel vous pourrez entendre de multiples artistes altaïens, russes et autres.

Vous pouvez soutenir les artistes de l'Altaï en commandant leurs disques auprès de l'association. Ces disques  ne sont généralement vendus que dans l'Altaï, j'en rapporte quelques exemplaires avec moi lors de mes voyages. Je les revends exclusivement au bénéfice des artistes, aucun profit n'est retiré de la vente.

Bonne écoute !

Clément

https://soundcloud.com/alpaltai

vendredi 20 juin 2014

Le festival El-Oyin aura lieu en Altaï les 5 et 6 juillet 2014

Bonjour à tou-te-s,

Le blog de l'association AlpAltaï reprend tout doucement vie après plusieurs mois d'inactivité, pour lesquelles le rédacteur vous prie de l'excuser.

Le festival El-Oyin des "jeux nationaux" se tiendra dans le village d'Elo (République d'Altaï, est-il utile de le préciser?) le week-end du 5 et 6 juillet 2014.

Au programme, entre autres :
_ rituel d'ouverture mürgüül
_ course de chevaux
_ concours de dressage de chevaux
_ tir à l'arc
_ différentes formes de lutte (mongole, gréco-romaine, sambo, etc...)
_ concours de lever de poids
_ concours de lever de pierre
_ lancer de bûches
_ manifestations théâtrales grandeur nature
_ récitation de textes épiques
_ chants de gorge (diphoniques)
_ chants traditionnels tianar
_ concours de yourtes traditionnelles
_ marché artisanal

Des photos des festivals des années précédentes viendront très bientôt illustrer ce post.

Si vous souhaitez vous rendre en Altaï ou recevoir des renseignements complémentaires, vous pouvez me contacter en Russie au 007 913 697 08 93.

Clément

mardi 1 avril 2014

Le site internet du Centre Franco-russe de Recherches en Sciences Humaines et Sociales de Moscou (CNRS-MAE) :

http://www.centre-fr.net/

Le site internet de Juniper, base de données de l'association du Centre d'Etudes Mongoles et Sibériennes à Paris:

http://www.base-juniper.org/

Le site internet de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes :

http://www.ephe.sorbonne.fr/

Le site internet du magasin photo de Lyon :

http://www.lyon.images-photo.com/

Le site internet de Panasonic France :


http://www.panasonic.fr/html/fr_FR/index_FR/index.html

mercredi 17 juillet 2013

L'association AlpAltaï au Festival Feufliazhe

Bonjour à tou.te.s,

L'association AlpAltaï a été invitée à participer au Feufliazhe 2013, la 11e édition du Festival International de Musique des Alpes.
A cette occasion, nous serons 3 ou 4 personnes ayant déjà mis les pieds en Altaï à présenter les musiques des montagnes de l'Altaï, ce dimanche 21 juillet, sur le plateau de Plaine-Joux, au dessus de Bogève/Onnion, en Haute-Savoie.
L'entrée du festival est gratuite, et sur notre "petit stand", il sera possible de visiter l'exposition de photos et de faire connaissance avec quelques objets ramenés de cette région de Sibérie. Eva et moi-même serons enchantés de vous faire découvrir les secrets de l'Altaï.
Au cours du festival, vous pourrez également entendre de nombreux instruments atypiques tels que la guimbarde, la vielle à roue, le cor des Alpes, ou encore (ne prenez pas peur!) l'hanottere, le büchel, le häxeschyt, le/la nickelharpa, le pifero, et bien d'autres encore !
Des stages sont proposés : fabrication d'un tambourin, danses de Chamonix, yodels. 
Alors venez nombreux, et à ce week-end !
Clément

lundi 1 avril 2013

Bilan de la tournée "Le Chant des Montagnes d'Or"

Bonjour à tous,

De toute la France, nombreuses ont été les personnes qui se sont déplacées pour venir écouter Bayim-Sur, Arzhan et Sarimaï. D'autres parmi vous, chers lecteurs, n'ont malheureusement pas eu la chance de profiter de leur prestation "live", mais n'ont pas hésité à me contacter directement pour connaître les autres possibilités ou pour recevoir des informations concernant les actualités de l'association.
J'adresse donc à toutes et à tous un grand merci pour l'intérêt porté à cet évènement, ainsi qu'aux projets portés par l'association.
Concernant la tournée, les musiciens sont partis lundi dernier, ils sont bien arrivés en Altaï et désormais reposés (tout comme moi). Je souhaite adresser mes plus chaleureux remerciements à Christie, Guillaume, Ariane, Romain, Sébastien, Bogumila, Alex, les Aurélies (x2), Philippe, Roseline, Laurent et Katia, ainsi qu'au personnel de toutes les structures dans lesquelles les musiciens se sont produits (Université de Grenoble, Office Culturel de Gignac, Culture Nomade, AMR-ADEM, Centre Mandapa, EPHE-EHESS, Canoe Renversant, L'Atelier, Mairie de Fillinges) pour leur accueil, leur gentillesse, leur dévouement. Tout ceci a contribué pour la plus grande part à ce que le séjour se déroule de manière paisible, et que les musiciens repartent avec les meilleurs souvenirs de France. Un immense merci donc pour votre aide.
Rapidement, voici un petit retour sur les dates:
A Grenoble, nous avons tout d'abord eu une quinzaine de participants à l'atelier Chant Diphonique le mercredi. Puis, le bouche à oreille aidant une communication importante, la salle de spectacle de l'Amphidice fut remplie au deux-tiers le jeudi soir, fait remarquable selon l'équipe du lieu. Premier succès.
A Gignac, Altyn-Tuu faisait la première partie de Sushela Raman, dont la date était sold-out. L'ensemble a ainsi surpris le public d'une salle comble, qui ne s'attendait pas à voyager jusque dans les montagnes de Sibérie. Ce fut un second succès.
A Paris, où le public est plus difficile à motiver du fait d'un choix plus éclectique de soirées, le succès fut mitigé. Le Centre Mandapa a accueilli une trentaine de personnes le dimanche et le lundi soir, et l'EPHE une quinzaine le jeudi midi. L'information a peut-être circulé de manière tardive, les affiches que j'ai moi-même posées ont été arrachées, et je n'ai vu nulle part de flyers. Bref, la communication est difficile dans cette ville et il est  prévoir de bien s'organiser pour les évènements à suivre.
Le succès a été de retour le vendredi soir au Canoé Renversant de Bourg-Le-Comte : une salle comble, au-delà du nombre de sièges disponibles ! Et un lieu magnifique, où les musiciens ont pu se reposer au soleil après que je les ai fatigués à courir Paris dans tous les sens et sous la pluie.
Le samedi soir, L'Atelier de Cluses nous accueillait pour la dernière date officielle : beaucoup d'amis, mais aussi des passionnés qui remplirent la salle de concerts à 90% de sa capacité, inattendu selon l'équipe du lieu.
Enfin, le dimanche après-midi, des cafouillages dans l'heure de rendez-vous, une lassitude certaine de ma part et l'oubli des clés de la salle ont rendu caduque la rencontre, qui a malgré tout eu lieu. Les 12 personnes présentes ont ainsi pu adresser leurs félicitations aux musiciens et bénéficier d'un petit concert gratuit accompagné d'une présentation des différentes formes de chants de gorge et diphonique par Stéphane, venu tout spécialement de l'Ain pour l'occasion.
Pour résumer, cette première expérience et premier évènement de l'Association AlpAltaï est globalement une réussite à laquelle je ne m'attendais pas, et cela augure de belles perspectives à la fois pour Altyn-Tuu et pour l'association.
Je profite donc de ce que chacun ait encore en mémoire les mélismes de Bayim-Sur, les bruits d'animaux de Sarimaï et les chants de gorge d'Arzhan pour lancer un appel aux bonnes volontés et aux personnes désireuses de s'investir dans l'association. Face à la montagne de documents administratifs que j'ai du manipuler pour l'organisation de la tournée, je n'ai pu faire en sorte que les musiciens soient payés pour leurs prestations. Ils étaient donc bénévoles, et ne sont pas repartis en Russie avec un salaire.
Si certain(e)s d'entre vous souhaitent que la prochaine fois, Altyn-Tuu rejoigne les Montagnes d'Or avec un petit pécule, qu'elles-ils n'hésitent pas à rejoindre l'association, il y aura de quoi s'occuper !
Voici l'adresse e-mail de l'asso : alpaltaï(at)gmail.com
Et voici quelques photos des lieux traversés.

Soundcheck avant la dernière soirée à l'Atelier de Cluses


Stéphane présente les différentes formes de chant diphonique le dimanche après-midi





vendredi 1 mars 2013

Le Chant des Montagnes d'Or - l'affiche - les dates




Dates et lieux de la tournée Le Chant des Montagnes d’Or –
Ensemble traditionnel Altyn-Tuu

6 mars Grenoble (38) – Université Stendhal, l’Amphidice : MASTERCLASS 12h-15h FREE
7 mars Grenoble (38) – Université Stendhal, l’Amphidice : concert 19h FREE
8 mars Gignac (34) – l’Office Culturel (1ère partie de Susheela Raman) : concert 21h
13 mars Neuchâtel (Suisse) – Culture Nomade : concert 21h
15 mars Genève (Suisse) – AMR, en parenariat avec l’ADEM : concert 21h30 15ChF
17 mars Paris (75) – Centre Mandapa : MASTERCLASS 14h30-16h30 et concert 18h 15€
18 mars Paris (75) – Centre Mandapa : MASTERCLASS (sous réserve) et concert 21h 15€
21 mars Paris (75) – EPHE-EHESS, Auditorium du France : rencontre et concert 11h FREE
22 mars Bourg-le-Comte (71) – Le Canoe Renversant : concert 20h30 8€
23 mars Cluses (74) – L’Atelier : concert 20h30 5€
24 mars Fillinges (74) – Salle des fêtes : rencontre - diaporama (pas de concert !) 17h FREE

Avec le soutien de :

Fonds de Soutien et de Développement des Initiatives Étudiantes de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et de l’Université Stendhal

CROUS de Grenoble

Service Culturel de l'Université Stendhal - Grenoble III

Ateliers d'Ethnomusicologie ADEM - Genève

Conseil Général de Haute-Savoie

Mairie de Fillinges

      
Contact : Association AlpAltaï 513, route des Tattes 74250 FILLINGES
alpaltai@gmailcom
06-51-31-10-47

mercredi 23 janvier 2013

Musiques de la tournée à venir

Bonjour,

Petit rappel pour celles/ceux que cela intéresse, voici un lien vers la musique qui sera donnée à écouter lors de la tournée "Le Chant des Montagnes d'Or".

http://soundcloud.com/tracks/search?q%5Bfulltext%5D=buluktuluk


dimanche 20 janvier 2013

LE CHANT DES MONTAGNES D'OR Tournée franco-suisse de l'ensemble Altyn-Tu

Bonjour à toutes et à tous !

L'association AlpAltaï est fière de vous présenter son premier événement d'envergure : les dates de la tournée franco-suisse de l'ensemble de musiques traditionnelles venu de l'Altaï, Altyn-Tu (Les Montagnes d'Or). Altyn-Tu sera présent en Europe du 28 février au 24 mars 2013.
Bayim-Sur, Arzhan et Sarimaï forment un trio mixte (une jeune femme et deux hommes) perpétuant la tradition des chanteurs épiques des confins sibériens. Ils vous proposent un voyage musical inédit au cœur des montagnes de l’Altaï. Leurs mélodies exécutées en chant diphonique transportent l’auditeur dans l’ambiance de la yourte. Dans cet hommage à une riche tradition musicale, c’est toute l’âme de la vie nomade qui s’offre à l’écoute. Outre ses compositions originales, de nombreux thèmes traditionnels sont explorés, allant de l’extrait d’épopée au chant d’honneur à la montagne sacrée, de la lamentation à l’ode au feu, d’inspiration chamanique. Sur le rythme du cavalier à cheval ou du marcheur dans la steppe, les musiciens invitent à découvrir en leur compagnie les paysages sauvages de l’Asie du Nord, entre ciel et terre, bercés de mystère. Une occasion rare à ne pas manquer, dont voici les dates prévues:
_samedi 2 mars: Lyon (69), le 6e Continent
_jeudi 7 mars: Grenoble (38), Amphidice de l'Université Stendhal, Campus
_vendredi 8 mars: Gignac (34), l'Office Culturel, en première partie de Susheela Raman
_mercredi 13 mars: Neuchâtel (Suisse)
_vendredi 15 mars: Genève (Suisse), Ateliers d'Ethnomusicologie
_lundi 18 mars: Paris (75), Ecole Pratique des Hautes Etudes, Bâtiment Le France
_mardi 19 mars: Valenciennes (59), Espace Pasolini
_vendredi 22 mars: Marcigny (71), Le Canoe Renversant
_samedi 23 mars: Cluses (74), l'Atelier
_Dimanche 25 mars: Fillinges (74), La Sapinière

Des dates sont encore disponibles (entre le 8 et le 13), pour ceux qui connaitraient des lieux potentiellement intéressés.
L'événement est proposé aux structures d'accueil au prix de 350 euros, le prix d'entrée est fixé par ces mêmes structures et ne dépend pas de l'association AlpAltaï. 
La tournée ne fait aucun bénéfice, les artistes financent leur voyage au moyen de leur art, le prix de l'événement proposé aux structures n'est donc pas un cachet, mais un remboursement sur factures.

Les bonnes volontés pour participer à l'organisation de l'événement sont les bienvenues.
Nous sommes encore à la recherche de personnes pouvant accueillir les musiciens pour une nuit sur Grenoble et sur Paris.
Le budget est presque bouclé, cependant, si des personnes sont intéressées et souhaitent, au-delà de leur présence dans les lieux où les artistes se produiront, participer au financement de la tournée, il est possible de faire un don à l'association AlpAltaï.
Tout donateur se verra offrir un cadeau de la part de l'association AlpAltaï, sous forme de photographie tirée des voyages de Clément Jacquemoud.

Nous vous attendons nombreux !

mercredi 12 décembre 2012

Diaporama commenté le 22 décembre 19h

Une exposition de photographies prises lors de leurs voyages en Altaï au cours de l'été 2012 sera présentée par Eva Serrano et Clément Jacquemoud le samedi 22 décembre 2012 à 19h à la salle de la Sapinière à Fillinges (Chef-lieu, en face de l'école maternelle, à côté de la bibliothèque).
A cette occasion, Clément Jacquemoud fera un diaporama commenté replaçant les photographies dans leur contexte.
Quelques objets rapportés de l'Altaï seront mis à disposition du public et nous espérons pouvoir proposer à la dégustation un thé altaïen .
L'entrée est gratuite.


lundi 3 décembre 2012

L'association AlpAltaï est née !

Bonjour à tous,

Un nouveau pas est franchi dans ma relation à l'Altaï. Un lien me lie désormais un peu plus concrètement (en quelque sorte) à cette région lorsque je suis de retour en France. Un lien qui, je l'espère, vous permettra à vous également de vous glisser plus fréquemment, plus "empiriquement" dans cette connaissance de l'Altaï.
L'association se targue d'accueillir toutes les bonnes volontés, de donner vie à tous les projets !
Voici donc ses objectifs.




L’association AlpAltaï a pour objet d’œuvrer dans la convivialité pour le développement de relations mutuellement avantageuses entre la France et la République d’Altaï (Fédération de Russie). Pour mener à bien ce projet, elle propose :

  • De diffuser des informations sur la République d’Altaï d’aujourd’hui, son histoire, la civilisation traditionnelle, les aspects culturels qui la caractérisent, les problématiques actuelles auxquelles elle est confrontée.
  • De soutenir les initiatives de coopération socioculturelle (expositions, concerts, conférences, séances cinématographiques, jumelages, activités à caractères touristique et éditorial…) visant à faire découvrir la République d’Altaï et plus généralement la Russie.
  • De favoriser et susciter les échanges intellectuels, culturels, économiques, artistiques et sportifs entre les peuples français et altaïen et russe, sans discriminations.
  • D’effectuer des traductions entre les langues altaïenne et russe et la langue française.
  • D’organiser la venue d’artistes et soutenir toutes les personnes proposant un projet en rapport avec les buts de l’association, sans condition d’âge, de nationalité, etc.
  • D’organiser la vente permanente ou occasionnelle de tous produits ou services entrant dans le cadre de son objet ou susceptibles de contribuer à sa réalisation.
 
Association AlpAltaï
Chez M. Clément JACQUEMOUD
513, route des Tattes
74250 Fillinges

Si vous avez des idées de logo, de site internet, de concert, de soirée, d'exposition, de diaporama, de trek, bref, tout ce qui vous passe par la tête, n'hésitez pas à m'en faire part, je serai ravi de vous associer à cette aventure.

A très bientôt donc !

 
 

vendredi 16 novembre 2012

Création de l'Association Alpaltaï + premier événement

Bonjour à tous !

L'association Alpaltaï, promouvant l'amitié et la coopération entre les populations altaïenne et française, est en cours de création.
Un appel est lancé à toutes les bonnes volontés pour s'engager, me soutenir et me conseiller dans cette aventure.
D'autre part, le premier des événements liés à l'association aura lieu le 22 décembre à la salle de la Sapinière à Fillinges (74250).
Il s'agit d'un diaporama commenté de mes excursions de 2010 à 2012. C'est ouvert à tous et il y aura une exposition de photos, une présentation des instruments locaux, une vente de guimbardes, une dégustation de thé altaïen.
Nous vous attendons nombreux. Une affiche sera bientôt disponible.
D'autre part, la tournée des musiciens altaïens est prévue pour le mois de mars, encore une fois, je lance un appel aux personnes souhaitant s'investir, m'aider ou me conseiller dans ce projet.

A très bientôt

Clément

mardi 2 octobre 2012

Musiques de l'Altaï

Bonjour à tous,

Je suis en cours de programmation de la tournée "le chant des Montagnes d'Or", qui mettra en scène l'ensemble "Altyn Tuu" venu de République d'Altaï.
J'ai en effet le projet de faire venir ces 3 musiciens en Europe le printemps prochain : Alina sera accompagnée d'Arzhan et de Sarimaï.
Tous les trois sont des musiciens confirmés, et sont investis dans la préservation du patrimoine culturel altaïen.
Voici quelques photos de ces virtuoses du chant de gorge (ou chant diphonique), ainsi qu'un lien vous donnant à écouter quelques-unes de leurs créations, enregistrées "sur le vif" :
http://soundcloud.com/tracks/search?q%5Bfulltext%5D=buluktuluk

Je suis également à la recherche de salles pouvant nous accueillir au mois de mars 2013, de préférence situées à Paris, Lyon et Montpellier, voire Strasbourg ou Dijon. Si vous avez des idées, des contacts...N'hésitez pas !


Alina et Arzhan répètent sous la yourte


Alina et Arzhan au Rassemblement annuel des chanteurs d'épopées (République d'Altaï)


Arzhan devant la yourte familiale lors du rituel saisonnier des "Feuilles Vertes"


Arzhan récite un extrait d'épopée devant les anciens lors du rituel saisonnier des "Feuilles Vertes"


Sarimaï en concert

Sarimaï joueur de guimbarde

Sarimaï et ses instruments fétiches

Sarimaï au Rassemblement annuel des chanteurs d'épopées (République d'Altaï)


Sarimaï et Batyr de l'ensemble Oyoyim au Rassemblement annuel des chanteurs d'épopées (République d'Altaï)

lundi 13 août 2012

El-Oyin


Le festival national altaien El-Oyin (jeux populaires) s’est tenu du 29 juin au 1er juillet à Elo, petite localité rurale du district d’Ongudaï.
Etablie en 1988, cette fête de trois jours ayant lieu tous les deux ans avait pour habitude de se dérouler chaque fois dans un district différent. Cependant, du fait des distances que les ensembles locaux avaient à parcourir (dans des conditions pas toujours sympathiques, les routes étant mal souvent pas goudronnées, et les bus poussiéreux), il fut décidé de la maintenir sur le site précité. Ce qui, selon les dires de personnalités du gouvernement, n’est pas sans entraîner le mécontentement de la population locale et une moindre fréquentation de la manifestation. D’une part, le public se lasserait du lieu, beaucoup de personnes m’ont en effet affirmé qu’elles ne souhaitaient plus revoir toujours le même site, d’autres m’ont plus tard déclaré ne pas s’être déplacées pour cette même raison, l’absence de nouveauté. D’autre part, le site est partagé en deux par la présence d’une montagne en son centre. De fait, les compétitions sont situées de part et d’autre de la butte et il est difficile pour les personnes âgées de franchir le petit col menant aux différentes scènes.
Enfin, c’est de la population locale que viennent les plaintes les plus virulentes : le site est couvert de kourganes, les tumulus hunniques et scythiques. C’est donc sur un cimetière qu’ont lieu les festivités…qui dérangent ainsi tous les deux ans le sommeil des guerriers défunts et entraînent leur mécontentement. Celui-ci se manifesterait par un temps pluvieux, qui malheureusement perdurerait longtemps sur la région après le festival, ou par des récoltes de piètre qualité. Le gouvernement fait cependant la sourde oreille quant à ces maux jugés non-fondés.
En ce qui concerne les festivités, comme à l’accoutumée (pour ceux qui ont déjà parcouru les pages de l’année dernière), les jeux traditionnels altaïens s’y sont déroulés.
Ainsi, le tir à l’arc, la lutte, la grimpée de cèdre, le lever de pierre, le fouet (au moyen duquel il faut faire chuter une à une de petites quilles, habileté et précision sont requises), le lancer de gourdin, la course à deux (l’un sur le dos de l’autre), le tebek (la petite balle avec laquelle on doit jongler avec le pied) ont côtoyé la palpitante course de chevaux ou encore le spectaculaire Keuk-Beuru (deux équipes de cavaliers se disputent le cadavre décapité d’une chèvre, un jeu dont l’intelligentsia altaïenne se plaint de l’importation : il n’aurait rien de « national »).
Des concours de chants étaient organisés entre les différents comités des fêtes de chaque district, qui donnèrent à entendre différentes facettes de l’oralité altaïenne : des groupes de femmes se lancèrent dans des chants lancinants manifestant la nostalgie de la patrie (le chant « Tianar », également verbe signifiant « rentrer à la maison »), des joutes verbales, des virelangues, des devinettes, , des berceuses. La plus belle série de toutes ces oralités, associée à une chorégraphie de qualité du chant Tianar permettra à toute l’équipe d’Ongudaï de remporter la victoire.
D’autre part, les comités des fêtes concouraient également pour la plus belle « décoration » d’intérieur d’un habitat traditionnel : la description du lieu devenant alors exhaustive, je renvoie à la photographie pour que les lecteurs s’en fassent une idée.
Chaque district de la République est donc appelé à concourir et à présenter ses meilleurs cavaliers, lutteurs, tireurs, chanteurs, costauds. J’ai pour ma part passé l’après-midi entière à écouter les chanteurs de gorge et leurs vocalises, ce qui n’est pas sans rappeler les déboires d’Assurancetourix avec le climat…

jeudi 26 juillet 2012

Ot-Kaï


 Après plusieurs mois d’absence, je tente une fois de plus de renouer le contact avec le blog. J’espère que mes lecteurs ne m’en veulent pas concernant le défaut de nouvelles histoires excitantes retraçant la vie en Altaï.
La cérémonie Ot-Kaï (Feu-récitation épique en chant de gorge) a eu lieu fin juin dans le parc « ethno-naturel » Ouch-Enmek, dans le district d’Ongudaï. Outre maints artistes qui font aujourd’hui référence dans le petit monde du chant diphonique altaïen (je rappelle que ces gens portent le nom de kaïtchis), des invités de toute la Russie et de Mongolie étaient présents. Cette cérémonie était organisée dans le but de rappeler l’esprit du chant de gorge, le kaï-êêzi, sensé avoir disparu du corps des chanteurs à l’époque soviétique. En effet, certains chanteurs sont dits être habités par un esprit qui leur inspire leurs chants (ils sont alors nommés êêlu-kaïtchis). Malheureusement, ces personnes se trouvent être en très petit nombre actuellement, tellement petit qu’il n’y en a qu’un ! Et encore, cette caractérisation, sujet de ma recherche, est elle-même sujette à controverse : qui caractérise qui, comment et pourquoi ?
Bref, c’était pour apporter quelques nouvelles réponses à ces questions que je m’étais rendu à cette céréonie. Nous étions donc réunis presque à l’identique de l’année dernière attendant avec impatience que la nuit tombe et que nous puissions assister au récit d’une épopée dans sn entier.
La journée, entre deux repas et excursions sur les sites funéraires et pétroglyphes datant de l’époque scythe, des cérémonies chamaniques se déroulaient. Celle du jeune chamane mongole était de loin la plus attendue. Dit être très puissant, héritier des gestes et chants d’un grand chamane, c’est avec surprise que j’ai pu mesurer l’intensité de sa « force » lors de sa transe : il a vidé une bouteille et demie de vodka en deux heures ! Son assistant lui servait avec dévouement de grands godets d’une boisson nommée Chingis Khan que les esprits qui l’habitaient réclamaient avec insistance. A terme de cet impressionnant rituel, il ne paraissait même pas ivre ! Puis nous avons tous été invités à nourrir le feu avec des aliments « blancs » (= purs), c’est-à-dire préparés principalement à base de produits laitiers et farineux, apportés de Mongolie par le chamane lui-même. De la viande de mouton a également été offerte au feu, puis ce fut à notre tour de nous régaler de ces différents mets. Pour terminer, nous fûmes invités à nous rendre à tour de rôle auprès du chamane qui nous proposait une prise de tabac. Il fut demandé à certains de s’agenouiller face à lui, afin qu’il puisse de son fouet les frapper, afin d’ôter toute énergie négative de leur corps.
Débarassés de toute onde néfaste, nous étions prêts pour soutenir les musiciens dans leur quête de l’esprit.

dimanche 13 mai 2012

Retour en Russie

Bonjour à tous,
Me voici de retour en Russie, en direction de l'Altaï. Toutefois, cette année, mon périple commence par la Russie européenne. Je suis actuellement à Saint-Pétersbourg, la Venise du Nord comme se plaisent à la nommer avec fierté les Russes.


Cette réputation n'est pas usurpée, les canaux traversant la ville lui donnent en effet un brin de fraîcheur. Car ici, tout n'est que pierre, selon la volonté de Pierre (1er, le Grand, architecte du projet de cette ville construite sur des marécages). Le Tsar souhaitait donner à la Russie une ville de dimension équivalente de celles qu'il avait observé lors de ses voyages en Europe. Toutefois, ce qui me frappe le plus est l'absence d'arbres, de verdure. Le Tsar désirait marquer concrètement la frontière entre la nature et la culture. C'est la raison pour laquelle le centre-ville ne possède presque aucun parc, les rues ne sont pas bordées d'arbres, ni de petits espaces de pelouses, si typiques dans nos contrées. C'est ainsi que Saint-Pétersbourg, où se confondent les architectures d'Empire et soviétique, me paraît sèche et dure malgré sa présence au milieu des flots de la Néva.


Certains d'entre vous me connaissant peuvent s'étonner de telles remarques, du fait de l'amour que je porte habituellement au caillou. Mais lorsque pierre, forte chaleur, soleil de minuit se confondent, lorsque la recherche de fraîcheur s'étend jusqu'aux heures les plus tardives des Nuits Blanches de Saint-Pétersbourg, je me dessèche petit à petit, comme un petit cornichon oublié sur la table de pique-nique un dimanche après-midi d'été et ce, malgré les multiples rasades de bière. Alors un conseil: n'hésitez pas à boire frais, à vous réfugier dans l'un des nombreux musées (ou clubs) que possède cette fabuleuse ville pour échapper aux insolations, aux coups de soleil, au dessèchement de la peau qui vous attend.

samedi 3 décembre 2011

Une semaine de randonnée aux lacs Shavlin

Fatigué par la vie dans la communauté russophone, j’ai décidé de m’exiler quelques jours dans la montagne pour me ressourcer, retrouver des forces, penser dans ma langue natale.
L’envie de faire un peu de randonnée, de me retrouver seul et de m’approcher des hauts sommets m’a orientée vers ces lacs que l’on disait majestueux, présentés comme les perles de l’Altaï.
Quelques rencontres avec des accompagnateurs de moyenne montagne m’ont rassuré sur la difficulté de l’entreprise, et c’est confiant, le cœur léger, le sac à dos pesant et les pieds bien dans mes bottes que je me suis lancé dans l’aventure.
3 jours de marche sur un sentier soi-disant fréquenté, un jour de repos, deux jours pour effectuer le retour, voila le plan que je m’étais fixé. Bien entendu, c’est sans compter sur les aléas qui ne manquent pas de survenir dans un pays tel que la Russie !
Premier jour : je quitte Oulagan en taxi à 5h30 du matin. 50km plus loin, j’attends sous la pluie l’ouverture des magasins pour acheter le plus indispensable des ustensiles : une casserole. Une fois mon assurance-repas dans le sac, c’est parti ! Le ciel est gris, bas, il pleuvine, mais qu’à cela ne tienne, je suis motivé !
Je manque de me perdre après les trois premiers kilomètres. La carte au 1/250 000 n’est pas le meilleur des guides !
Je m’engage donc sur un chemin aléatoire, qui me semble pourtant le meilleur, sans savoir où cela va me mener. Après quelques heures, seul dans la forêt, je commence à me demander si c’était une bonne idée que ça que de partir ainsi…
La forêt est sombre, le temps ne s’améliore guère, je commence à fatiguer, c’est silencieux et après tout, il y a des ours et des loups dans le coin !
L’heure du dépérissement fatal approche, et soudain, un groupe de touristes ! Je suis donc sur la bonne piste ! Quelle revigorante rencontre ! Je profite de l’arrêt pour me sustenter en leur compagnie.
Quelque temps plus tard, je rencontre un jeune homme, seul lui aussi, qui vient régulièrement de Novossibirsk faire cette randonnée, et passer quelques jours au bord du lac. Comme la fin du jour pointe son nez, je décide de m’arrêter pour la nuit avant de franchir les six kilomètres d’un plateau d’altitude. Je suis également éreinté par la montée avec mon gros sac, je me demande si après tout je n’ai pas prévu trop de nourriture...
Le lendemain matin, réveillé tôt après une nuit glaciale (je me demande encore si j’ai dormi tant il faisait froid et humide…), mais rempli d’optimisme, je pense atteindre les lacs en fin de journée. Hélas, le mal de dos, le mal de tête, la fatigue de la veille et de la nuit trop courte et surtout un début de suppuration de ma jambe freinent mes ambitions. Je fais des pauses et m’endors deux fois sur le trajet. Qui plus est, aujourd’hui, pas âme qui vive à l’horizon. Heureusement, pas d’ours non plus. Mais l’angoisse se fait à nouveau sentir. Suis-je sur le bon chemin ?
En fin d’après-midi, la solitude me gagne, je n’ai pas réussi à manger, je suis faible et mes douleurs me poussent à renoncer. Je m’appuie contre un mélèze, désespéré. C’est la fin. Je suis exténué et je commence à avoir peur de cette jambe qui enfle et jaunit, sans savoir quelle peut être l’origine de cette gangrène bizarre, ni quoi faire. Par une curiosité inexpliquée, je me retourne et vois un vieux monsieur qui me fait signe. Après tous ces efforts, c’est à peine croyable et inattendu ! Je m’approche, nous faisons connaissance, il est moscovite et seul lui aussi, sur le chemin du retour. Il m’invite à m’installer pour la nuit dans son camp, à me reposer, à dormir tard et à ne repartir que le lendemain matin, frais et dispo. Il me prépare une kacha, une bouillie, mais je n’arrive toujours pas à manger, je suis trop fatigué.
Troisième jour : nous nous faisons nos adieux mutuels. Je suis reposé, d’humeur joviale et motivée, cela contraste avec la veille. Si je ne parviens pas aux lacs dans cet état, c’est que décidément ce lieu est hors d’atteinte au commun des mortels. En outre, je croise tellement de personnes sur ma route qu’il est à peine croyable que j’aie pu être seul toute la journée de la veille. Il y a des groupes de touristes partout ! Le paysage continue à être époustouflant, je longe une rivière couleur d’émeraude, le temps est au beau fixe, aucun rapport avec les deux jours précédents.
J’avance doucement à cause de ma jambe, n’hésite pas à faire des pauses et à boire, et c’est ainsi qu’après un doux cheminement j’arrive enfin aux lacs tant recommandés.
Là-bas, je m’installe à côté d’un groupe de touristes dans une clairière appelée « la clairière des idoles », en référence aux sculptures qui la cernent.
Les touristes sont moscovites et se promènent à cheval avec leur guide altaïen. Coup de chance, ils ont une pharmacie du tonnerre et me prodiguent quelques soins et conseils pour soigner ma jambe. C’est notre premier soir à tous, et au coucher de soleil, nous tombons tous dans une espèce de béatitude face à ces lacs. Devant tant de beauté, après les événements des jours précédents, c’est comme si j’étais empreint d’un calme reposant, je sens que je me ressource face aux sommets, aux falaises, aux séracs qui nous dominent de plusieurs centaines de mètres, enneigés depuis l’éternité, leurs faces rocheuses invitant à l’escalade me font tourner la tête, mais de plaisir cette fois (poésie, quand tu nous tiens !).
Quatrième jour : une bonne nuit de sommeil et un bon repas russe consistant, il n’y a pas photo, ça recharge les batteries. J’hésite toutefois à poursuivre le chemin jusqu’aux lacs supérieurs. Mais après le départ de mes voisins, je me lance dans l’aventure, tranquillement. J’arrive rapidement au pied des glaciers et passe la journée au soleil, c’est reposant.
Cinquième jour : départ à cheval. Malheureusement, la chevauchée est de courte durée et se termine de manière peu agréable. C’est le risque, lorsque l’on est seul et dans un pays « inconnu ». Prenons-cette expérience comme une initiation en quelque sorte…
Je me greffe ensuite à un groupe de touristes venus de Novossibirsk. Nous ferons route ensemble pendant les deux jours que durera notre retour. Le soir, nous préparons au choix du sarrasin, une soupe de pâtes, du riz…et nous nous racontons nos aventures au coin du feu en sirotant quelques gorgées de cognac, le remède miracle à tous les maux.
Sixième jour : au matin je retrouve mes voisins de clairière qui arrivent à cheval. Je croyais pourtant qu’ils nous avaient devancés depuis longtemps, mais il n’en est rien ! Ils me cherchaient. Leur guide, auquel j’avais offert ma lampe frontale, me cherchait ! Il tient à m’offrir quelque chose. J’accepte donc avec un mélange de joie et de modestie face à ce fabuleux présent, une dent de ce tout petit renne que l’on nomme « kabarga ». Celui qui ressemble plus à un dahut qu’a un renne doté de puissants bois se rattrape en possédant une paire de canines acérées qui le rendent aussi féroce qu’un tigre. En apparence seulement, car notre animal est herbivore. Je ne parvenais pas à me souvenir où j’aurais bien avoir pu croiser cet étrange bête. Après plusieurs heures de tergiversation, je me rendais à l’évidence : notre kabarga était la réplique exacte et vivante du petit rongeur du film « L’âge de glace » !
Nous sommes dit adieu une seconde fois et avons repris notre route, chacun de notre côté. Aujourd’hui, le plateau nous attend. Quelques petites averses n’entravent en rien notre progression, le soleil est toujours au rendez-vous. Nous décidons de faire halte une dernière fois, afin que le lendemain nous puissions tous partir de bonne heure, qui en bus, qui en stop. Nous prenons ensemble notre dernier repas, passons notre dernière veillée au coin du feu.
Cette dernière matinée de séparation, le ciel semble avoir compris que nous avions passé ensemble de bons moments et se met à pleurer pour nous.
Ainsi prennent fin les belles escapades, et aux yeux et au cœur de l’observateur attentif, de celui qui a su prendre sans profiter, l’Altaï semble s’ouvrir, vibrer sur le même ton que lui, présenter son climat, sa nature, ses couleurs en adéquation avec les humeurs de l’homme de passage. Aux personnes qui souhaiteraient en savoir plus sur les randonnées à faire dans l’Altaï, écrivez-moi, je peux vous indiquer quelques lieux intéressants.

mercredi 27 juillet 2011

Informations administratives

Pour rejoindre la Russie, vous avez besoin d’une invitation. Je ne vais pas répéter ce que tous les sites de voyages conseillent de faire pour organiser votre entrée dans le pays.
Voyons plutôt ce qui est nécessaire pour la République d’Altaï.
Tout d’abord, vous avez besoin de vous enregistrer une fois en Russie, si vous restez plus de trois jours ouvrables dans un même endroit (on a donc droit à un maximum de 5 jours sans enregistrement si l’on compte le week-end). Formalité obligatoire, un document est remis à l’entrée dans le pays, récupéré à la sortie, et l’on est amendé s’il n’est pas rempli. Alors à moins d’avoir tous les billets et tickets justifiant de déplacements constants et que l’on a passé moins de 3 jours dans un même lieu, ainsi que de temps pour discuter avec les agents préposés aux frontières avant l'envol de son avion, il est préférable de s’attarder quelques heures sur cette formalité.
Mais il est possible de venir en République d’Altaï et de s’enregistrer directement ici si l’on prend le train à Moscou moins de 3 jours après son arrivée…
ATTENTION, quelques bonnes choses à savoir :
L’Altaï est une République, donc bénéficie de plus ou moins d’indépendance vis-à-vis de la Russie.
A Gorno-Altaïsk, il faut se rendre au bureau de l’immigration, rue Kommunisticheskaya, arrêt de bus Jilmassiv.
Trouvez une personne qui puisse témoigner de votre hébergement pour la durée de votre séjour. En vous connectant sur le site couchsurfing, vous devriez rencontrer des personnes parlant anglais et susceptibles de vous aider. Les hôtels de la ville peuvent vous enregistrer, mais uniquement pour la nuit, cela peut être problématique si vous êtes contrôlé quelques jours plus tard à 300 km de l’hôtel…

ATTENTION ZONE FRONTALIÈRE
Ah, le Bélukha, le Shambala, le Biélovodié, ces noms de montagnes et de lieux mythiques qui font rêver, les explorateurs mystiques tels que Nicolas Roerich, etc…tout cela se trouve dans la zone frontalière, accessible pour les étrangers (et les russes) uniquement avec un LAISSER-PASSER.
Donc pour se déplacer dans les raion de Ust-Koksa (frontière kazakhe et chinoise) et de Kosh-Agash (frontière mongole) au sud, vous devez faire la demande de ce document auprès du FSB d’Aktash ou de Sougash DEUX MOIS EN AVANCE.
La demande peut être effectuée par internet, votre laisser-passer vous attendra au poste situé sur votre trajet.
CE LAISSER-PASSER EST IMPORTANT, VOUS POUVEZ ÊTRE SÉRIEUSEMENT AMENDE ET EXPULSE DE RUSSIE SI VOUS ÊTES CONTRÔLE SANS.

L’adresse du site à partir duquel télécharger les documents :
http://mountainaltai.ru/forum/viewtopic.php?id=179

Remplissez-les, n’oubliez pas de les signer, puis envoyez-les par internet à l’adresse :
pugornyjaltaj@mail.ru

Voici l’adresse du FSB d’Aktash :
Пограничное управление ФСБ России по Республике Алтай - 649743 Республика Алтай, Улаганский район, с. Акташ, улица Парковая, 32, войсковая часть 2080, тел.8(388) 462-35-55, 8(388) 462-37-552-36-54.
Je ne connais pas ces numéros, vous pouvez également téléphoner au 8(388) 462-36-54, puis lorsque cela décroche, taper 5115 et demander à parler à quelqu’un en anglais.

Keuk-Beuru

Quel nom étrange pour ce jeu que l’on retrouve chez tous les peuples turcs d’Asie Centrale.
Littéralement « loup bleu » (mais tout le monde sait qu’un loup bleu, ça n’existe pas, donc comprenons plutôt « loup gris-argenté »), ce jeu se joue à 22 cavaliers.
Deux équipes de 11 cavaliers dont 6 se relaient constamment sur le terrain, se disputent une chèvre décapitée, qu’ils doivent soulever de terre puis jeter dans une urne à l’extrémité du terrain.



D’abord déconcertant, le jeu se montre rapidement sous une autre facette, celle de la synergie entre le cavalier et sa monture.
Si on est choqué au début par l’acharnement avec lequel les destriers sont cravachés, on remarque vite que ce ne sont pas les plus rachitiques des hommes qui prennent part au jeu, bien au contraire. Toute une stratégie d’équipe est employée pour permettre à l’un des membres d’échapper à la mêlée, de se pencher jusqu’à terre pour ramasser le poids de 30 kilos et ensuite filer au bout du terrain de jeu. Tout au long du trajet l’équipe adverse tente d’arracher la chèvre des mains de son propriétaire, essaie d’influer sur la trajectoire de son cheval, de l’accoler aux limites du terrain afin de le mettre en touche. Les coéquipiers font de leur mieux pour l’encadrer et le soustraire à cette menace !



On ne s’approche pas du terrain, puisque les chevaux sont puissants et filent à toute allure. La dispute est sérieuse, les gains sont gros : on raconte que les équipes parties à l’étranger sont revenues victorieuses et que leurs membres ont gagné des appartements et des voitures.



Jeu des héros, des preux chevaliers, on retrouve le monde des légendes et des épopées lors de la remise des prix : habillés en costumes rappelant les guerriers nomades d’autrefois, les cavaliers posent fièrement sur leurs montures.

vendredi 1 juillet 2011

Passage au lac Teletskoie

Aude souhaite rendre visite à l’Altaï avant son départ définitif pour la France. Malheureusement, les festivités sont terminées. Pas de problème, les activités ne manquent pas : nous partons donc pour le lac Télétskoié.
Je retrouve là-bas mon hôte le sous-colonel Nikolaevitch qui m’avait hébergé en automne, et qui nous propose comme à son habitude de profiter du bania et de « paritsia », en français commun, "se faire chauffer la couenne un bon coup dans le bania avant de se faire fouetter par un (ou une) compatriote au moyen d’un bouquet de branches de bouleau trempés préalablement dans l’eau bouillante" (la langue russe est si imagée!). Frissons garantis, brûlures au rendez-vous, épuisement total au final. Mais c’est tellement typique !
Et puis siroter une bière bien fraîche ou boire un thé sous la lune après ces émotions, le tout dans un cadre si agréable, au calme, le lac comme toile de fond, l’odeur de la fumée du bois de cèdre qui s’échappe des poêles et embaume le village de pêcheurs, le corps aussi vaporeux que l'air ambiant, la tête lourde de chaleur, c’est un plaisir encore trop rare en France.

vendredi 27 mai 2011

Retour en Altaï

Après d'angoissantes minutes à l'aéroport de Moscou, je me suis enfin envolé pour la Sibérie.
Novossibirsk : non loin de la ville la plus importante de Sibérie se trouve un campus, non moins important, Akademgorodok. Pensée à l'époque soviétique pour accueillir les plus éminents cerveaux de Sibérie, cette ville dans la forêt a bénéficié des délocalisations d'entreprises lors de la seconde guerre mondiale.
Non loin se trouve la "mer". C'est un immense lac de barrage sur le cours de l'Ob. En compagnie de ma collègue Marine, de ses ami(e)s, nous avons passé d'agréables soirées à faire griller des saucisses en regardant les interminables couchers de soleil sibériens. Ce fut une étape reposante pour moi, car les vols de nuit et le décalage horaire m'avaient plus fatigué que ce à quoi je m'attendais.
Mais comme rien n'est éternel, surtout pas le repos, il a vite été temps de se remettre en route pour les montagnes du Sud.
Et revoilà l'Altaï, comme je ne l'ai jamais vu : verts. La nature est luxuriante. En un mois, tout a littéralement explosé: les fleurs sont énormes, magnifiques, et innombrables. Les arbres et les prés sont verdoyants, je n'arrive pas à croire que ce que je prenais pour un pays "jaune" et sec puisse à se point se métamorphoser: il y a des centaines de verts différents, j'ai l'impression d'être en Suisse sur le plateau de la Givrine. L'air est empli de senteurs printanières, et puisque le temps est à l'orage, pas de cette poussière qui hante habituellement les rues des villes russes en été. On sent toutefois que les fortes chaleurs sont proches, c'est signe qu'il va être temps de migrer vers les hauteurs de l'Altaï.



La mer à Akademgorodok : source d'inspiration pour les gouaches de Marine




La mer toujours, terrain de jeu des enfants pas frileux



Ça ne se voit pas bien sur l'image, mais j'ai essayé d'apprivoiser un mammouth...hébergé à l'Université d'anthropologie d'Akamdemgorodok (il te passe d'ailleurs le bonjour, Yann !)



Session "Russie éternelle" :

La vendeuse de kvas cachée derrière son comptoir



La paire de gants pas chers sur fond de verdure altaïenne




Aïdyn posant devant son bania, dans lequel j'ai eu l'honneur d'être la deuxième personne à me laver

lundi 25 avril 2011

Présentation du voyage et de la région

Bonjour à tous mes lecteurs.

Revenu prématurément de l'Altaï, je suis en France pour un mois.
Je vous propose de venir me rencontrer afin que nous discutions de la Russie, de la région où j'ai vécu, de sa population. A cette occasion, il sera possible de voir quelques photographies et d'écouter quelques extraits de musique locale.
Bienvenue à vous le lundi 2 mai à 20h à la salle du Môle à Fillinges (si j'ai bien compris, c'est derrière l'église...).

Clément

samedi 26 mars 2011

Jylgayak !

Jeudi dernier, départ en trombe en début de soirée pour se rendre au village de Chargaïta, dans lequel doit se dérouler le lendemain matin la cérémonie de Jylgayak, le nouvel an altaïen (un de plus !), également perçu comme l’accueil du printemps.
Malgré le numéro de téléphone et l’adresse de nombreuses personnes, j’arrive dans le village en pleine nuit, le taxi refuse d’attendre les explications téléphoniques de mes hôtes, et je me retrouve seul dans l’obscurité. Ici, pas de lampadaire pour éclairer une potentielle route.
Je m’oriente vers les maisons encore allumées pour y demander mon chemin. Arrivant près de l’une d’elles, je cherche tout d’abord le portail d’entrée, mais soudain, la lumière s’éteint. Pas de temps à perdre, je franchis la clôture, et avançant à l’affut des potentiels chiens de garde, je me dirige vers la porte de l’izbouchka (la petite izba).
Je toque. « Qui est-ce ? » en altaïen.
« C’est Clément, le français » réponds-je, afin de susciter la curiosité, ou tout du moins d’effacer toute crainte.
Ouvre alors un homme de petite taille, qui me lorgne avant de m’inviter à entrer. Je remarque tout de suite qu’il porte un kêdêguê, la fine tresse traditionnelle des hommes qui part du sommet du crâne, ornée à son extrémité de deux cauris. Il porte également une boucle d’oreille, et la seule personne que j’aie vu jusqu’à maintenant en porter une était un chamane.
Je lui demande son aide pour m’orienter, explique la raison de ma venue dans le village. Il me dit alors qu’il est chamane, également zaïsan, c'est-à-dire représentant élu du village. Cela signifie qu’il est considéré comme un ancien respectable connaisseur des traditions.
C’est lui qui conduira la cérémonie du lendemain, qui se déroulera non pas au lever du soleil comme le voudrait la tradition, mais en fin de matinée, car des personnes venant des autres villages du district seront là pour l’observer et apprendre de lui les gestes à effectuer.

Il me propose alors de dormir chez lui. Comment refuser cette invitation du chamane ?

Le lendemain matin, nous parcourons le village en tous sens pour préparer le lieu de la fête. Trois moutons ont été abattus (selon la méthode turque : une incision est pratiqué dans l’abdomen, on y glisse la main et l’artère principale partant du cœur est sectionnée, aucune goutte de sang n’est ainsi répandue à terre). Dans le hall de la mairie, les fils du chamane les découpent en vue de la cuisson.
Nous montons les tables, décorons le stade. Les invités et le public arrive, et la cérémonie commence. Comme décrit dans un précédent billet du blog, des libations et des offrandes au feu sont faites.

Le chamane devant le feu au moment des offrandes


Puis les enfants réunis autour d'un tas de neige se mettent à le frapper avec des verges, on intime à l'hiver de partir. Un cavalier blanc détruit ensuite le tas, et les enfants prennent congé de lui : "A l'année prochaine !"



Le repas est alors servi. Nous nous régalons de "mun" (le bouillon), de "kotcho" (le bouillon dans lequel sont ajoutés des flocons d'avoine), de "boursakh" (petites boules de pâte frite), de viande de mouton bouillie bien entendu, de gâteaux et de thé altaïen (salé, avec du lait et du "talkhan", farine de millet grillé, le remède contre la faim).

Tout le village se dirige ensuite vers la Maison de la Culture, où nous assistons à diverses représentations : chants et danses traditionnels altaïens et russes, discours et vœux des représentants de l'administration, mots des invités, théâtre autour du thème de Tataraskaï, personnage laid, sale et mal élevé en lequel le héros des épopées se transforme pour échapper à ses ennemis. Grimé de la sorte, il parvient à les tromper et à les vaincre.

mardi 22 mars 2011

Fort comme un turc ?

A l’occasion de chaque fête de saison, comme par exemple celle du Tchaga-Baïram, ont lieu les jeux traditionnels altaïens. Ils sont proches des « trois jeux virils » mongols : la lutte, le tir à l’arc, la course de chevaux. Dans la version altaïenne, nous avons :

La course à pied en duo avec son coéquipier sur le dos (tukek tugurush).



La course de relais par équipes (tuguresh).



Le jeu d’adresse au pied (tebek), à la manière de l’aki-sac ou de la plume (pour les connaisseurs) : un morceau de plomb travaillé auquel est attaché un panache de poils de cheval. Nous constatons ici que les professionnels ont le matériel adéquat !



La lutte bien entendu (kuresh), sans crainte du froid !



Le lancer de rondins (toxpox tshibalash).



La hausse de poids (gire keuduresh), combien de levées de ces 40 kg peut effectuer chaque candidat ? (plus de quarante pour le gagnant). Se rencontre également la version keudurge tash, qui est le soulèvement de pierre à hauteur de selle sur un cheval. La légende veut qu’une pierre particulière, régulièrement transporté sur le lieu de la fête, n’ait été pour l’instant soulevée qu’une seule fois.



Le fouet (kamtchi), où l’on doit faire tomber une à une de petites quilles. La précision est de mise.
Tout ceci nous conduirait à penser qu’être altaïen n’est qu’une affaire de force. Au contraire, il faut aussi savoir faire preuve d’ingéniosité, de ruse, d’intelligence : les dames altaïennes (chatra) et les échecs sont ainsi très prisés, toutes générations confondues. On rencontre autour des tables aussi bien des hommes que des femmes, de très jeunes enfants et de très vieilles personnes, celles-là mêmes que l’on retrouvera quelques heures plus tard en train de disputer un concours de bras de fer !





N’oublions pas non plus que si le sérieux est de mise dans ces jeux lorsque ce sont les hommes qui s’opposent, les femmes elles aussi ont leur version de chaque concours, basée sur le rire. Et si une chose retentira tout au long de cette journée de festivités, c’est bien celui des participants ! Malgré la température glaciale, tout le monde est dehors, le sourire aux lèvres, les fous rires agitent le public venu nombreux.
Parallèlement, à l’intérieur du gymnase de l’école se déroule le concours de costumes et de créations artisanales, recensées par village. Lors de la présentation, toutes les générations de chaque village sont représentées, chacune est invitée à dire un petit mot ou à chanter une petite chanson. Un jury vote ensuite pour la présentation la plus élaborée et les vêtements les plus chatoyants. Le raffinement est perçu dans les moindres détails des vêtements, impérativement cousus de fils d’or pour la plupart.